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Église, Diaconat : même combat !

A Grenoble, Église réformée et Diaconat sont un vieux couple. Dès 1906, des membres de la paroisse créent « une association charitable » qui prend le nom de Diaconat protestant. Pendant des décennies, Église et Diaconat travaillent main dans la main. Dans les années soixante dix, une crise de confiance surgit : les uns remettent en cause l’approche « charitable », qui limite l’action du Diaconat à une infirmerie des malheureux. Les autres critiquent l’approche « politique » qui divise l’Église. Aujourd’hui, Église et Diaconat sont réconciliés : le Diaconat fait partie intégrante du projet de l’Église réformée de Grenoble. Pour que leur relation reste dynamique, plusieurs conditions sont nécessaires.

Une conviction commune : l’Église est au carrefour de l’Évangile et du monde.
La vocation de l’Église est de faire retentir dans le monde la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Elle se présente donc nécessairement comme un carrefour où se croisent préoccupations des hommes et sollicitude de Dieu. Par ses actions et ses réseaux, le Diaconat est au beau milieu du carrefour ! Il alimente ainsi la réflexion de toute l’Église sur le champ de sa mission.

Un enracinement spirituel
Cette conviction doit être régulièrement nourrie. Cinq ou six fois par an, le Diaconat anime le culte communautaire. Est ainsi rappelé aux bénévoles engagés dans le Diaconat que leur action n’a de sens qu’enracinée dans la Parole et le projet de Dieu, et qu’ils sont envoyés par l’Église pour accomplir leur service.

Un même projet : rendre habitable la terre habitée
Église et Diaconat ne peuvent collaborer que s’ils partagent la même vision : celle d’un monde qui donne à chacun les moyens de vivre en paix. Ce qui implique non seulement une aide matérielle aux plus démunis, mais aussi une pédagogie pour permettre à ceux-ci de relever la tête et d’assumer leur existence. Et bien sûr l’interpellation des consciences et des pouvoirs publics, avec un effort de propositions. En ce sens, l’Église et le Diaconat se reconnaissent acteurs et partenaires de la construction sociale.

Un travail d’analyse
Pour être efficace et crédible, le travail diaconal doit se baser sur une double analyse : le repérage et l’explication des dysfonctionnements de la société, la lecture théologique des phénomènes sociaux, un peu à la manière des prophètes de l’Ancien Testament. C’est là un travail politique dont il importe que l’ensemble de l’Église soit partie prenante.

Un effort de communication
Sans une communication bien organisée, les liens ont tôt fait de se distendre, entraînant méconnaissance et incompréhension. Pour éviter cela, un délégué du conseil du Diaconat est invité à chaque séance du Conseil presbytéral, et réciproquement. Une réunion commune a lieu chaque année. Le Diaconat et l’Église partagent les mêmes locaux pour leurs secrétariats, entraînant brassage des bénévoles et mutualisation des équipements. Enfin, c’est un des pasteurs de l’Église locale qui soutient le travail du Diaconat, à hauteur d’un mi-temps en 2005.

Au bout du compte, lorsque l’on veut évoquer la réalité de l’Église et du Diaconat à Grenoble, on ne sait plus trop quels mots utiliser. Car si pour les besoins de la législation française, Église et Diaconat sont deux associations distinctes, ils sont une seule et même entité spirituelle. Il n’y a pas d’un côté « eux », et de l’autre « nous » : tous sont ensemble l’Église, tous sont ensemble témoins de l’amour de Dieu pour les plus petits. Ils ne travaillent plus main dans la main : ils sont les deux faces de la même main.

Didier Crouzet.
Presse protestante réformée, déc. 2004